'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train

'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train


Depuis l'arrivée de Vincent de 'Ouai j'vois ouai' dans nos colonnes la vie du Groupe Fier Panda n'est plus véritablement sereine. Très vite un climat de compétition s'est instauré afin d'être le (la) premier(e) à séduire ce magnat de l'animation. Faut dire que sa dernière vidéo, primée huit fois à Angoulême, tourne en boucle sur BFM. Sans parler de toutes ces jeunes femmes suintant le désir et jettant leurs culottes à la simple vue de ses planches. Tout le monde ne jure que par lui, et moi, bah ça me gêne. Je passe désormais inaperçu. Finies les claques dans le dos à la pause café après la publication des mes pamphlets. Je n'existe plus.

Soudain son nouveau dessin apparaît et toute ma colère disparaît. Quel génie ! Je vais lui rendre son marqueur rose fluo. J'espère qu'il me regardera.

Lire la première planche de 'Ouai, j'vois ouai' pour Fier Panda.

Christine Boistard, le fond de poubelle de Facebook


Gestionnaire de communauté ou CM, l'abrégé de community manager, est un métier de stagiaire consistant à animer et à fédérer des communautés de gogoles sur Internet. Le cœur de la profession réside à être la plus grosse salope possible afin d'attirer le maximum de likes ou d'abonnés. Dans le CM game, il y a un gagnant. Il a décroché tous les trophées du championnat. Il s'agit du maître se cachant derrière le profil fake de Désirée Morin. Chacun de ses posts relève du génie et récolte un reach qui ferait bander MinuteBuzz. Mais ce n'est pas mon chouchou. Mon coup de coeur revient à l'incroyable personne animant le profil de Christine Boistard. Comment en effet ne pas vouer un culte au créateur de cette punchline :

"Je vais transférer des photos de mon vagin à tous ceux qui cliquez sur j'aime et commentez"

La promesse est inégalable. Le tout posé sur des photos volées à des coquines russes ou des fitness pouffes. Le malaise est total quand le mec commence à être en roue libre :

 

On touche les étoiles. La question est : pourquoi de tels profils ? La réponse n'est pas si simple. Elle fait même l'objet de débat. M'est d'avis que ça tourne autour du pognon. En effet, en attirant tout un tas de pigeons (et ils se comptent en dizaines de milliers) le faux profil créé gagne petit à petit en reconnaissance et multiplie les abonnés. Bref, il pèse et ce grâce à une communauté constituée principalement de poètes :

 

 

Une fanbase si désireuse de partager son amour en alexandrins se monnaye. Comptez 19$ pour 1000 followers. Un profil comme celui de Christine Boistard doit donc se revendre entre 300 et 400$. Une fois qu'il atteint un niveau de popularité assez conséquent il peut servir de pont vers d'autres faux profils, comme celui de Béatrice Boistard. En multipliant ainsi la création de ces faux profils, ces CM de l'espace, travaillant généralement pour des entreprises comme acheterdesfans ou followerspascher, créent un maillage entre des communautés pouvant être revendues à des clients désireux de lancer un profil avec une audience déjà existante. Ce système fonctionne également avec des pages FB, des comptes Twitter ou Youtube. Sur tous les réseaux sociaux en fait.

L'existence de faux profils est une verrue que Facebook (ainsi qu'Instagram) essaient d'éradiquer depuis fort longtemps. En mars 2015 Mark et sa bande ont entamé un grand ménage. Résultats : des milliers de comptes inactifs et/ou de faux comptes ont disparu, des fanpages ont perdu de nombreux likes. Mais le mal est profond :
 

"En 2012, 8,7% des utilisateurs du réseau social Facebook étaient des faux. En 2014, ils atteignaient 11,2%. Même son de cloche du côté de Twitter, avec 8,5% de faux profils, et Instragram, qui en compte 10%."


Difficile de mettre fin à l'étendue de cette supercherie car il se cache derrière un vrai business de course à la célébrité, même virtuelle, ayant fait la richesse de quelques uns. Aux Philippines, par exemple, le job consistant à fabriquer de faux profils "paie cinq fois mieux qu’un emploi de femme de ménage". Puis quand Facebook supprime des faux profils inactifs (même la DEA s'y est mise), des petites mains recréent pour notre plus grand plaisir des faux profils actifs. En attendant que Markounet leur mette un stop, délectons-nous de ces quelques leçons de gestion de communauté.

S'accaparer du contenu qui n'est pas le sien et ne pas l'assumer : bienvenue chez Spi0n

S'accaparer du contenu qui n'est pas le sien et ne pas l'assumer : bienvenue chez Spi0n


9gag a créé toute une génération d'enculés des Internets se contentant de piquer du contenu trouvé ça et là et de s'en réclamer les auteurs en y apposant leur logo. Les gros lécheurs de cette méthode de chiens d'infidèles sont nombreux. Citons, en France, Spi0n, dont le travail consiste à voler quotidiennement des vidéos puis à les uploader sur Dailymotion afin de se faire du pognon dessus. Difficile d'ailleurs de savoir qui se cache derrière cette fumisterie (Enard, est-ce toi ? Avec ta société toulousaine Feed Up Network ?). Les types préfèrent garder l'anonymat et ce, principalement, pour ne pas être importunés par les ayants droit. Habile. Vol de gain, monétisation du travail d'autrui... Spi0n est l'incarnation même du Sida du web.

Prenons un exemple : celui d'un meme de merde que nous avons détourné puis partagé récemment sur notre page Facebook. Quelques heures après il était repris avec le logo de Spi0n dessus, sans nous citer :

 

 

Les mecs bouffent à tous râteliers. Rageux que nous sommes, nous les avons contactés. LEUR REPAUNSSE VA VOU ETONNER :

 

 

Clairement on se fait pisser dessus. Pas très Charlie tout ça. Où est donc passé l'esprit #generationbataclan mes enfants ? Fort heureusement il ne s'agit ici que d'un meme sans intérêt dont le principe est d'être repris à l'infini. Internet tout ça. Mais comment ne pas avoir une pensée pour les dessinateurs ou réalisateurs voyant leurs oeuvres pillées ? Boulet Corp, victime du vol de ses planches par la communauté 9GAG, en a d'ailleurs fait le sujet d'un de ses dessins. Tout cela se fait au nom d'une croyance totalement fausse : sur Internet tout est gratuit, partageable à l'infini, rien n'appartient à personne. C'est absolument inexact.

Mais bon, allez, prenons le logo de Spi0n, il est à tout le monde. Je peux donc m'amuser à le coller partout.

 

 

Cher Spi0n, ton coeur de métier consiste à chipper le travail des autres, OK, j'ai compris. Mais, à défaut de créer des trucs, vu que tu as séché un peu les cours du respect, voici un rapide rappel de deux règles simples de courtoisie sur la toile :

- citer sa source,
- remercier celui qui a fait connaître la source.

Ho, je ne dis pas ça pour le meme tout pourri que l'on a partagé, il ne vaut pas la peine de se chamailler, il était juste là pour démontrer ta courtoisie. Je dis ça pour tous les créateurs de contenu que tu pilles chaque jour. Je n'écris pas non plus ces quelques lignes pour faire de Fier Panda un exemple. Nous ne sommes pas irréprochables. Il nous arrive de vouloir aller trop vite. Mais nous tentons au maximum de ne pas être une verrue digitale comme Spi0n, site qui, rappelons-le, est dans l'illégalité la plus totale.

Merci Clément, Manu, Rosie, Chloé et François pour les montages !

La revue de presse « Pute à cliques » de la semaine #3

La revue de presse « Pute à cliques » de la semaine #3


Parfois, le vendredi soir, je me retrouve dans ce genre d’ambiance. Après une semaine à suer pour trois cacahouètes, je me prépare à débouler dans une soirée. Je me savonne et je sors, parce que je me mépriserais à me regarder m’endormir devant Jumanji dans une salade de cendres de joints et de chips. Après tout, qui sait, ça sera peut être palpitant.

La flasque de vodka pré-soirée commence à faire son effet, mais j’arrive trop tard pour les alcools premiers choix. Merde. La bière commence à manquer également, il va falloir faire la tournée des collets. Dans une soirée, il y a toujours quelqu’un qui planque de l’alcool. Le tout c’est de faire les caches avant qu’il y ait pénurie et que le chenapan s’en aperçoive.

Direction la cuisine où mon pote, le cul sur le bar, m’accueille avec un sourire sardonique. C’est qu’il a l’air d’être au cirque, le polisson. Le groupe parle de la récente démission de Taubira, de sa potentielle candidature aux primaires socialistes et à la présidentielle. Concours d’éloquence sous Jack Daniels, peut- être ont-ils aussi fait, comme Eloïse, Science Po en province ?

 

 

C’est un peu pénible. Tout ça n’est décidément pas très Génération Bataclan. Je m’en suis allé sur mon portable.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le retour en vélib avec la roue avant crevée fut une délivrance. 

'Ouai, j'vois ouai' : un après-midi de chien

'Ouai, j'vois ouai' : un après-midi de chien


C'est en 2002, dans les coulisses des Golden Globes, que j'ai rencontré Vincent, accompagné de la belle Solène. James Franco leur versait une bière dans le but sournois de se saisir de leur talent. C'est qu'il en avait marre d'être nul j'imagine. Mais les "Ouai j'vois Ouai" restèrent insensibles aux sollicitations du jeune américain. Ils avaient mieux à faire que de subir la transpiration gênante de ce wannabe maladroit. Enfin je crois. Alors ils s'échappèrent discrètement du monologue pénible de la source de clapotage de quelques gourdasses des campagnes. C'est alors que nos regards se croisèrent. Et plus rien n'a jamais été pareil.

Vincent et Solène sont désormais les Directeurs Artistiques des studios Pixar. Ensemble, ils révolutionnent le monde étriqué de la vidéo. Le résultat est surprenant, éblouissant. Je n'en crois pas mes yeux.

Pendant son temps libre et entre deux récompenses internationales pour l'immensité de leur travail, Vincent trouve toujours un peu de temps pour modeler la BD comme il modèlerait une femme : en lui donnant tout l'éclat qu'elle mérite.

A la recherche d'un nouveau challenge à la hauteur de son prestige, il se lance aujourd'hui dans une collaboration avec Fier Panda - l'empire médiatique que j'ai créé sur les cendres de MySpace. Toutes les deux semaines, il partagera sa vision du monde dans nos pages. Voici son premier masterpiece :

Retrouvez 'Ouai, j'vois ouai' sur Facebook.

La revue de presse « Pute à cliques » de la semaine #2

La revue de presse « Pute à cliques » de la semaine #2


Ça caillait sec en terrasse, mais Clara valait bien un risque d’engelures. Candide brune aux yeux bleus, une gerbe de taches de rousseurs sur le visage, mes heures passées à poncer Tinder allaient enfin payer. Je me suis retrouvé devant un être qui ponctuait ses phrases de 'lol' et 'mdr'. Merde. Engourdi par le froid et l’incompréhension, j’ai pu reprendre mon souffle quand elle se leva pour aller aux toilettes.

Ce n’est pas ma faute. On m’en montre toujours juste assez pour que je plonge. Ça ressemble étrangement à mes pérégrinations dans les méandres de la Facebook fange. 4 x 100 mètres 4 nages dans le pédiluve de l’information. Et c’est tous les jours le mercredi aprem, le moment des bébés nageurs. Gare à celui qui boit la tasse.

C’est un peu pénible.

 

Vice, le clickbait tarantinesque
 

Titre, image, texte, la Sainte Trinité est respectée, t’as plus qu’à cliquer. Le fait est que le webzine puise dans les références à la culture doofy du clique pour la réinterpréter, en faisant un objet d’autant plus fascinant.

 

Loïs Lane, du Pulitzer au glory hole
 


Eloïse est jeune, belle, intelligente, elle a même fait Science Po en province. Des étoiles plein les yeux, imbibée par les figures célèbres qui ont façonné sa vision du monde, elle veut devenir journaliste. Philippe est un baroudeur, rédac chef, il sillonne l’Europe de l’est le web pour dénicher des « potentiels ». Il la remarque sur Twitter, et lui propose un stage. La suite on la connaît, l’itinéraire classique : l’impossible reconstruction, les séances de psy’, la perte de foi en l’humanité, puis la rechute en acceptant un poste de Community manager chez Oasis.
 


Entre le pitch de film porno à ma gauche, et la mayonnaise crypto-amalgamante à ma droite, mon cœur balance.

 

La culture que l’on mérite
 


Le site spécialisé dans le recrachage du « lu autre part » ramolli. C’est-à-dire que personne de « bien important » n’est mort cette semaine. Loin de vouloir faire des argumentum ad hominem, en cherchant à en savoir un peu plus sur les pigistes, on finit par être plus triste encore.
 

Eloïse, pauvre Eloïse…

 

L’entertainment Cyril Hanounesque
 


 


Rien à dire, l’humanité avance.
 

Le coin des Segpa
 


Simone de Beauvoir serait si fière.
 


 


Viens vite voir si ta sœur a un nom à sucer en bas des blocs.
 

Les génies
 


 

Mes doigts dansent avec grâce.

Swip droit, swip droit, swip gauche, swip droit… match.

Je mets mon portable entre mes dents pour tirer la chasse. Putain, elle était quand même bonne Clara.