Africa24.info, boss de fin des sites de buzz

Africa24.info, boss de fin des sites de buzz


Étant moins aventureux qu'autrefois, se perdre sur Internet signifie la plupart du temps pour moi se perdre sur Facebook. Naviguer de page en page en suivant les suggestions peut parfois amener à de vraies bonnes trouvailles. C'est ainsi que par un bel après-midi de septembre, un post a attiré mon attention :

 

 

J'ai d'abord pensé avoir affaire à un énième Gorafi-like suivant la première règle d'Internet : pas besoin d'avoir des idées, il suffit de copier ceux qui ont du succès. Étant quand même piqué dans ma curiosité, je leur ai donné mon clic. Le site est assez bien fait, n'agresse pas l'œil par des polices ou des couleurs insupportables. Mais l'article… Pour vous résumer rapidement le délire, c'est l'histoire d'un mec qui met enceinte la fille d'un marabout et qui ne l'assume pas. Le marabout se venge en lui mettant le bébé dans le bidon. Au-delà de la crédibilité toute relative de cette histoire, le style d'écriture et l'orthographe sont assez approximatifs. Morceaux choisis :

 

 

Cela m'a troublé dans mes convictions. Était-ce vraiment "pour rire" ? Le problème, c'est que quelques-uns de leurs articles sont basés sur des faits réels (la fille d'Obama se faisant serrer avec un joint, le taux de pauvreté en France). Ça leur donne un peu de crédibilité j'imagine. 

J'ai donc poursuivi mon investigation (comprendre "scrollé leur page Facebook") pour voir quels autres articles étaient publiés. La magie a alors opéré. Ce site est Satan. Il est une combinaison de tous les pires sites de buzz, un alignement des planètes de putaclic, il est le megadarkzord du clicbait. On y trouve des titres aguicheurs, des articles "d'investigation" à la Buzzfil ou Féroce ou encore du bon vieux contenu complotiste. Mais là où ça devient carrément difficile de les suivre, c’est quand ils parlent de religion voire de magie.

 

 

 

 

Ce qui les différencie de la concurrence est leur décomplexion totale. Ainsi, il y a quelques mois, ils ont répondu aux critiques qui leur étaient régulièrement faites en expliquant leur ligne éditoriale. C'est là, c'est pour vous :

 

 

Ça a le mérite d'être clair. Chez Africa24.info, on n’a pas le temps de niaiser, on a l’esprit ailleurs. 

Burkini, what else ?


Tout est parti d'un tweet de Jean-Christophe Buisson, directeur adjoint du Figaro Magazine.

 

 

Il a juste oublié un verbe : détourner.

 

Merci Jao, Matthieu & Rosie !

Bienvenue sur "cumpic de cokine", un groupe Facebook consistant à éjaculer sur les photos de profil de ses participants

Bienvenue sur


La plupart des forums et blogs se vident doucement au profit des groupes Facebook, havres de paix et d’intimité où la plupart des participants se sentent faussement en sécurité. Au cours d’une de mes soirées consacrée à l’étude de ce phénomène je suis tombé sur un groupe privé intitulé : cumpic de cokine. Dévoré par la curiosité j’ai aussitôt demandé à le rejoindre afin de mieux cerner cette pratique dont le nom est lourd de sens. Si la dick pic est un classique, la cum pic reste plus confidentielle. Hormis quelques tags sur les sites pornos je pensais naïvement que le cumtribute était marginal, réservé à des originaux souhaitant prouver leur virilité en étalant devant le monde entier le volume de leur éjaculation. Monumentale erreur.

Le postulat du groupe est simple : une éjaculation sur une photo permet d’honorer l’heureuse élue. Généralement les demandes viennent d’hommes. Louche mais rien de méchant. Lors de mes premiers scrolls j’imagine cet endroit comme un repaire d'adeptes du revanche porn désireux d'humilier virtuellement une ex. Après plusieurs heures d’investigations en sous-marin, il semble que la réalité est bien plus complexe. Déjà, différents types de pratiques cohabitent au sein du groupe.

D’un côté nous avons les exhibitionnistes du foutre, ces artistes de l’éjaculation faisant ça à l’ancienne sur une photo Polaroid. D'un autre côté nous avons les geeks n’hésitant pas à mettre leur matériel à rude épreuve en le souillant complètement. Certains font même preuve de plus d’audace et, pour honorer une chaudasse, vont jusqu’à poster une vidéo de leur activité.

 

Ensuite les demandes ne sont pas que masculines, certaines émanent de profils féminins - si plusieurs sont complètement bidons, certaines semblent toutefois crédibles.

Le mécanisme reste par contre toujours le même : une photo vaguement sexy est publiée - gueule de pute, peau acnéique et cheveux gras - accompagnée d'un texte de type « lâchez-vous » . Aussitôt un essaim de mâles se rue sur la photo et les cumpics commencent à fleurir. Si la demande initiale provient d'une gente dame, cette déesse du foutre remercie chaleureusement son fan club et conserve précieusement le tout sur son PC.

Les motivations des participant(e)s restent assez floues. Après plusieurs jours à échanger via Facebook Messenger avec quelques personnes réellement sincères et intéressées par ces faciales virtuelles, ce qui m'a le plus frappé n'est pas la pratique en elle-même, après tout chacun peut fantasmer sur ce qui lui plaît, mais la misère régnant sur ce groupe. Misère affective pour certaines qui tentent d'attirer l'attention par tous les moyens. Misère sexuelle pour beaucoup qui, faute de trouver des partenaires, finissent ici. Misère financière enfin. Un amateur me confesse en privé qu'il ne fréquente pas les sites de cam classique faute d'argent pour se payer des tokens et préfère donc venir ici.

Au final rien de nouveau ni de très original, Michel Houellebecq esquissait ce principe il y a plus de vingt ans : à la lutte des classes s’ajoute une dimension sexuelle, avec ses gagnants et ses perdants.

Guide pratique pour tous les fils de putes souhaitant buzzer après un attentat


Les suceurs de likes n'ont aucune limite. Voler du contenu n'est qu'un premier pas. Le second consiste à profiter de tout, même de l'horreur d'un attentat, pour buzzer toujours plus. Dans le cas précis d'une attaque terroriste, tous les gros schlagues se lancent dans une course au retweet suivant scrupuleusement chacune de ces étapes :

 

Étape 1 : lancer un hashtag pourri sur Twitter de type "#PrayFor[insérer le nom d'une ville ou d'un pays]"

 

 

Étape 2 : créer une bannière gogole de type "JE SUIS [insérer le nom d'une ville ou d'un pays]" 

 

 

Étape 3 : réaliser une illustration dégueulasse reprenant les emblèmes et couleurs du pays ou de la ville victimes d'un attentat

 

 

Étape 4 : réaliser des memes de merde et autres détournements sur l'attentat 

 

 

Étape 5 : faire des propositions sécuritaires dignes d'une huître en mort cérébrale

 

 

 

 

Étape 6 : Lancer de faux avis de recherche

 

 

Moi président je propose trois journées de deuil et d'interdiction de réseaux sociaux après chaque attentat afin que tout le monde ferme bien sa gueule.

Much Politik : la grande évasion

Much Politik : la grande évasion


Selon un baromètre publié par le quotidien La Croix, le média en lequel les Français ont le moins confiance est les Internets. Pourquoi une telle défiance ? Patrick Eveno, président de l'Observatoire de la déontologie de l'Information, l'explique ainsi : à chaque fois qu'il y a une publication de Much Politik sur Facebook, il y a une baisse de la crédibilité des médias mais aussi des autres journalistes, explique-t-il sur RMC. Cette année (marquée par la soirée chandeleur de Jean-Moqtare), on a 8 points de crédibilité en moins. En 2015, après la révélation de Much Politik sur les attentats, on avait moins 10 points. Conséquence ? Les internautes ne cliquent plus !

Fier Panda, désireux d'empêcher son chiffre d'affaire mirobolant de sombrer, a décidé de frapper fort en s'alliant avec Much Politik, leader de la presse sans concession. De cette union est née une planche en exclusivité mondiale :
 

'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train

'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train


Depuis l'arrivée de Vincent de 'Ouai j'vois ouai' dans nos colonnes la vie du Groupe Fier Panda n'est plus véritablement sereine. Très vite un climat de compétition s'est instauré afin d'être le (la) premier(e) à séduire ce magnat de l'animation. Faut dire que sa dernière vidéo, primée huit fois à Angoulême, tourne en boucle sur BFM. Sans parler de toutes ces jeunes femmes suintant le désir et jettant leurs culottes à la simple vue de ses planches. Tout le monde ne jure que par lui, et moi, bah ça me gêne. Je passe désormais inaperçu. Finies les claques dans le dos à la pause café après la publication des mes pamphlets. Je n'existe plus.

Soudain son nouveau dessin apparaît et toute ma colère disparaît. Quel génie ! Je vais lui rendre son marqueur rose fluo. J'espère qu'il me regardera.

Lire la première planche de 'Ouai, j'vois ouai' pour Fier Panda.