Bienvenue sur "cumpic de cokine", un groupe Facebook consistant à éjaculer sur les photos de profil de ses participants

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La plupart des forums et blogs se vident doucement au profit des groupes Facebook, havres de paix et d’intimité où la plupart des participants se sentent faussement en sécurité. Au cours d’une de mes soirées consacrée à l’étude de ce phénomène je suis tombé sur un groupe privé intitulé : cumpic de cokine. Dévoré par la curiosité j’ai aussitôt demandé à le rejoindre afin de mieux cerner cette pratique dont le nom est lourd de sens. Si la dick pic est un classique, la cum pic reste plus confidentielle. Hormis quelques tags sur les sites pornos je pensais naïvement que le cumtribute était marginal, réservé à des originaux souhaitant prouver leur virilité en étalant devant le monde entier le volume de leur éjaculation. Monumentale erreur.

Le postulat du groupe est simple : une éjaculation sur une photo permet d’honorer l’heureuse élue. Généralement les demandes viennent d’hommes. Louche mais rien de méchant. Lors de mes premiers scrolls j’imagine cet endroit comme un repaire d'adeptes du revanche porn désireux d'humilier virtuellement une ex. Après plusieurs heures d’investigations en sous-marin, il semble que la réalité est bien plus complexe. Déjà, différents types de pratiques cohabitent au sein du groupe.

D’un côté nous avons les exhibitionnistes du foutre, ces artistes de l’éjaculation faisant ça à l’ancienne sur une photo Polaroid. D'un autre côté nous avons les geeks n’hésitant pas à mettre leur matériel à rude épreuve en le souillant complètement. Certains font même preuve de plus d’audace et, pour honorer une chaudasse, vont jusqu’à poster une vidéo de leur activité.

 

Ensuite les demandes ne sont pas que masculines, certaines émanent de profils féminins - si plusieurs sont complètement bidons, certaines semblent toutefois crédibles.

Le mécanisme reste par contre toujours le même : une photo vaguement sexy est publiée - gueule de pute, peau acnéique et cheveux gras - accompagnée d'un texte de type « lâchez-vous » . Aussitôt un essaim de mâles se rue sur la photo et les cumpics commencent à fleurir. Si la demande initiale provient d'une gente dame, cette déesse du foutre remercie chaleureusement son fan club et conserve précieusement le tout sur son PC.

Les motivations des participant(e)s restent assez floues. Après plusieurs jours à échanger via Facebook Messenger avec quelques personnes réellement sincères et intéressées par ces faciales virtuelles, ce qui m'a le plus frappé n'est pas la pratique en elle-même, après tout chacun peut fantasmer sur ce qui lui plaît, mais la misère régnant sur ce groupe. Misère affective pour certaines qui tentent d'attirer l'attention par tous les moyens. Misère sexuelle pour beaucoup qui, faute de trouver des partenaires, finissent ici. Misère financière enfin. Un amateur me confesse en privé qu'il ne fréquente pas les sites de cam classique faute d'argent pour se payer des tokens et préfère donc venir ici.

Au final rien de nouveau ni de très original, Michel Houellebecq esquissait ce principe il y a plus de vingt ans : à la lutte des classes s’ajoute une dimension sexuelle, avec ses gagnants et ses perdants.

Guide pratique pour tous les fils de putes souhaitant buzzer après un attentat


Les suceurs de likes n'ont aucune limite. Voler du contenu n'est qu'un premier pas. Le second consiste à profiter de tout, même de l'horreur d'un attentat, pour buzzer toujours plus. Dans le cas précis d'une attaque terroriste, tous les gros schlagues se lancent dans une course au retweet suivant scrupuleusement chacune de ces étapes :

 

Étape 1 : lancer un hashtag pourri sur Twitter de type "#PrayFor[insérer le nom d'une ville ou d'un pays]"

 

 

Étape 2 : créer une bannière gogole de type "JE SUIS [insérer le nom d'une ville ou d'un pays]" 

 

 

Étape 3 : réaliser une illustration dégueulasse reprenant les emblèmes et couleurs du pays ou de la ville victimes d'un attentat

 

 

Étape 4 : réaliser des memes de merde et autres détournements sur l'attentat 

 

 

Étape 5 : faire des propositions sécuritaires dignes d'une huître en mort cérébrale

 

 

 

 

Étape 6 : Lancer de faux avis de recherche

 

 

Moi président je propose trois journées de deuil et d'interdiction de réseaux sociaux après chaque attentat afin que tout le monde ferme bien sa gueule.

Much Politik : la grande évasion

Much Politik : la grande évasion


Selon un baromètre publié par le quotidien La Croix, le média en lequel les Français ont le moins confiance est les Internets. Pourquoi une telle défiance ? Patrick Eveno, président de l'Observatoire de la déontologie de l'Information, l'explique ainsi : à chaque fois qu'il y a une publication de Much Politik sur Facebook, il y a une baisse de la crédibilité des médias mais aussi des autres journalistes, explique-t-il sur RMC. Cette année (marquée par la soirée chandeleur de Jean-Moqtare), on a 8 points de crédibilité en moins. En 2015, après la révélation de Much Politik sur les attentats, on avait moins 10 points. Conséquence ? Les internautes ne cliquent plus !

Fier Panda, désireux d'empêcher son chiffre d'affaire mirobolant de sombrer, a décidé de frapper fort en s'alliant avec Much Politik, leader de la presse sans concession. De cette union est née une planche en exclusivité mondiale :
 

'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train

'Ouai j'vois ouai' : un après-midi dans le train


Depuis l'arrivée de Vincent de 'Ouai j'vois ouai' dans nos colonnes la vie du Groupe Fier Panda n'est plus véritablement sereine. Très vite un climat de compétition s'est instauré afin d'être le (la) premier(e) à séduire ce magnat de l'animation. Faut dire que sa dernière vidéo, primée huit fois à Angoulême, tourne en boucle sur BFM. Sans parler de toutes ces jeunes femmes suintant le désir et jettant leurs culottes à la simple vue de ses planches. Tout le monde ne jure que par lui, et moi, bah ça me gêne. Je passe désormais inaperçu. Finies les claques dans le dos à la pause café après la publication des mes pamphlets. Je n'existe plus.

Soudain son nouveau dessin apparaît et toute ma colère disparaît. Quel génie ! Je vais lui rendre son marqueur rose fluo. J'espère qu'il me regardera.

Lire la première planche de 'Ouai, j'vois ouai' pour Fier Panda.

Christine Boistard, le fond de poubelle de Facebook


Gestionnaire de communauté ou CM, l'abrégé de community manager, est un métier de stagiaire consistant à animer et à fédérer des communautés de gogoles sur Internet. Le cœur de la profession réside à être la plus grosse salope possible afin d'attirer le maximum de likes ou d'abonnés. Dans le CM game, il y a un gagnant. Il a décroché tous les trophées du championnat. Il s'agit du maître se cachant derrière le profil fake de Désirée Morin. Chacun de ses posts relève du génie et récolte un reach qui ferait bander MinuteBuzz. Mais ce n'est pas mon chouchou. Mon coup de coeur revient à l'incroyable personne animant le profil de Christine Boistard. Comment en effet ne pas vouer un culte au créateur de cette punchline :

"Je vais transférer des photos de mon vagin à tous ceux qui cliquez sur j'aime et commentez"

La promesse est inégalable. Le tout posé sur des photos volées à des coquines russes ou des fitness pouffes. Le malaise est total quand le mec commence à être en roue libre :

 

On touche les étoiles. La question est : pourquoi de tels profils ? La réponse n'est pas si simple. Elle fait même l'objet de débat. M'est d'avis que ça tourne autour du pognon. En effet, en attirant tout un tas de pigeons (et ils se comptent en dizaines de milliers) le faux profil créé gagne petit à petit en reconnaissance et multiplie les abonnés. Bref, il pèse et ce grâce à une communauté constituée principalement de poètes :

 

 

Une fanbase si désireuse de partager son amour en alexandrins se monnaye. Comptez 19$ pour 1000 followers. Un profil comme celui de Christine Boistard doit donc se revendre entre 300 et 400$. Une fois qu'il atteint un niveau de popularité assez conséquent il peut servir de pont vers d'autres faux profils, comme celui de Béatrice Boistard. En multipliant ainsi la création de ces faux profils, ces CM de l'espace, travaillant généralement pour des entreprises comme acheterdesfans ou followerspascher, créent un maillage entre des communautés pouvant être revendues à des clients désireux de lancer un profil avec une audience déjà existante. Ce système fonctionne également avec des pages FB, des comptes Twitter ou Youtube. Sur tous les réseaux sociaux en fait.

L'existence de faux profils est une verrue que Facebook (ainsi qu'Instagram) essaient d'éradiquer depuis fort longtemps. En mars 2015 Mark et sa bande ont entamé un grand ménage. Résultats : des milliers de comptes inactifs et/ou de faux comptes ont disparu, des fanpages ont perdu de nombreux likes. Mais le mal est profond :
 

"En 2012, 8,7% des utilisateurs du réseau social Facebook étaient des faux. En 2014, ils atteignaient 11,2%. Même son de cloche du côté de Twitter, avec 8,5% de faux profils, et Instragram, qui en compte 10%."


Difficile de mettre fin à l'étendue de cette supercherie car il se cache derrière un vrai business de course à la célébrité, même virtuelle, ayant fait la richesse de quelques uns. Aux Philippines, par exemple, le job consistant à fabriquer de faux profils "paie cinq fois mieux qu’un emploi de femme de ménage". Puis quand Facebook supprime des faux profils inactifs (même la DEA s'y est mise), des petites mains recréent pour notre plus grand plaisir des faux profils actifs. En attendant que Markounet leur mette un stop, délectons-nous de ces quelques leçons de gestion de communauté.

S'accaparer du contenu qui n'est pas le sien et ne pas l'assumer : bienvenue chez Spi0n

S'accaparer du contenu qui n'est pas le sien et ne pas l'assumer : bienvenue chez Spi0n


9gag a créé toute une génération d'enculés des Internets se contentant de piquer du contenu trouvé ça et là et de s'en réclamer les auteurs en y apposant leur logo. Les gros lécheurs de cette méthode de chiens d'infidèles sont nombreux. Citons, en France, Spi0n, dont le travail consiste à voler quotidiennement des vidéos puis à les uploader sur Dailymotion afin de se faire du pognon dessus. Difficile d'ailleurs de savoir qui se cache derrière cette fumisterie (Enard, est-ce toi ? Avec ta société toulousaine Feed Up Network ?). Les types préfèrent garder l'anonymat et ce, principalement, pour ne pas être importunés par les ayants droit. Habile. Vol de gain, monétisation du travail d'autrui... Spi0n est l'incarnation même du Sida du web.

Prenons un exemple : celui d'un meme de merde que nous avons détourné puis partagé récemment sur notre page Facebook. Quelques heures après il était repris avec le logo de Spi0n dessus, sans nous citer :

 

 

Les mecs bouffent à tous râteliers. Rageux que nous sommes, nous les avons contactés. LEUR REPAUNSSE VA VOU ETONNER :

 

 

Clairement on se fait pisser dessus. Pas très Charlie tout ça. Où est donc passé l'esprit #generationbataclan mes enfants ? Fort heureusement il ne s'agit ici que d'un meme sans intérêt dont le principe est d'être repris à l'infini. Internet tout ça. Mais comment ne pas avoir une pensée pour les dessinateurs ou réalisateurs voyant leurs oeuvres pillées ? Boulet Corp, victime du vol de ses planches par la communauté 9GAG, en a d'ailleurs fait le sujet d'un de ses dessins. Tout cela se fait au nom d'une croyance totalement fausse : sur Internet tout est gratuit, partageable à l'infini, rien n'appartient à personne. C'est absolument inexact.

Mais bon, allez, prenons le logo de Spi0n, il est à tout le monde. Je peux donc m'amuser à le coller partout.

 

 

Cher Spi0n, ton coeur de métier consiste à chipper le travail des autres, OK, j'ai compris. Mais, à défaut de créer des trucs, vu que tu as séché un peu les cours du respect, voici un rapide rappel de deux règles simples de courtoisie sur la toile :

- citer sa source,
- remercier celui qui a fait connaître la source.

Ho, je ne dis pas ça pour le meme tout pourri que l'on a partagé, il ne vaut pas la peine de se chamailler, il était juste là pour démontrer ta courtoisie. Je dis ça pour tous les créateurs de contenu que tu pilles chaque jour. Je n'écris pas non plus ces quelques lignes pour faire de Fier Panda un exemple. Nous ne sommes pas irréprochables. Il nous arrive de vouloir aller trop vite. Mais nous tentons au maximum de ne pas être une verrue digitale comme Spi0n, site qui, rappelons-le, est dans l'illégalité la plus totale.

Merci Clément, Manu, Rosie, Chloé et François pour les montages !