Team Nowhere, instant nostalgie

Team Nowhere, instant nostalgie

J'ai passé le week-end chez un ami. L'alcool aidant, nous avons chevauché avec ardeur la machine à voyager dans le temps qu'est YouTube pour nous replonger dans un pan de notre histoire. Pas forcément le plus glorieux. Mesdames et messieurs, enfilez votre baggy, chaussez votre paire d'Osiris D3, videz votre pot de gel Vivel Dop fixation BÉTON et repartons avec nostalgie dans... Les années Nowhere !

J'en entends déjà quitter la pièce. Soit. On s'en est moqués. Beaucoup. Il y avait de quoi. Mais rétrospectivement j'ai kiffé. Vraiment. Formée en 98 cette "putain d'armada", pour citer notre bon vieux Keumar, regroupait Pleymo donc, Enhancer, Aqme, Wünjo et Noisy Fate, remplacé en 2004 par le SIDA Vegastar. Quoi qu'on en dise, ces mecs ont créé une émulation au sein de la scène française. Les jeunes qui, comme moi, ne se retrouvaient pas dans Noir Désir, les "vraies guitares à la française" quoi, ont pu découvrir des groupes décomplexés. Certes complètement biberonnés au modèle américain mais proposant autres choses qu'un mec en sous pull vert bouteille avec une guitare sèche, hurlant des paroles politisées dont on a strictement rien à foutre à treize piges.

 

"Le boucher coupe des têtes, coupe, découpe tes couilles"

 

Alors, ok, des groupes comme No one is innocent, FFF ou Silmarils ont bien déblayé le terrain mais c'est une autre génération. Pas la mienne. 1998 donc. La boite de Pandore s'ouvre. Les baggys XXXL, les pulls Rumble, les lyrics qu'on scande avec les copains au skatepark pour essayer de chopper de la zouz en vain.... L'unité quoi putain. Les paroles d'ailleurs parlons en. D'Enhancer avec son "J'préfère kiffer la bière que faire la guerre", Wünjo avec son hymne "Projet Fonzdé Ganja" et bien évidemment Pleymo avec cette sublime tirade que personne n'a oublié : "Le boucher coupe des têtes, coupe, découpe tes couilles". Pas de barrière. Tout était permis. Génération rien à foutre. Génération Hardcore.

 


Des centaines de kids dans la street team, à flyer les disquaires et autres skateshops ou à partager leur découverte via les forums. Il se passait quelque chose en France et j'en faisais parti. Ça a été FM-R mais j'y étais. Chaque groupe a évolué dans son coin, certains ont quitté le crew (bouuuuh), un unique festival en guise d'Adieu (Furia 2006) et voilà. Fin de l'histoire. Bref, si aujourd'hui la Team Nowhere s'apparente d'avantage au Club Dorothée des 20/25 ans, il est indéniable que ce collectif a eu un impact significatif. C'était beau. C'était grand. Mais où ça a merdé me demanderez-vous ? Et bien, comme les groupes, j'ai évolué. Je me suis construit une culture musicale. J'ai cramé les plagias outrageux de certains (Pleymo-1977/Glassjaw-Mu Empire). Puis, fort heureusement, je suis devenu plus exigeant.

 

"La Team Nowhere s'apparente au Club Dorothée des 20/25 ans"

 

Avec la Team Nowhere, de nombreuses personnes, dont je fais fièrement parti, ont découvert la musique à guitares. Ça n'a pas été par la porte la plus gratifiante et honorifique, certes, mais par la plus fun et osée en tout point. N'ayons plus honte.

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