O’Tacos insécurise le petit monde des community managers

O’Tacos insécurise le petit monde des community managers
AUTEUR

Edgar Morray

PUBLIÉ

Le


Un des problèmes de notre génération tertiarisée, c’est qu’une partie infime mais bruyante bosse en agences de communication. Bien pire, elle en est fière. Son égo est généralement inversement proportionnel à son salaire, mais elle se berce de l’illusion de marcher dans les pas de Don Draper. Elle n’exerce pourtant qu’un boulot de manard numérique pour M&M’s.

Les CM exercent un job de stagiaire manutentionnaire et tentent par tous les moyens de dissiper l'incommensurable vacuité de leur taff rémunéré 25k/an. Comme pour oublier qu’ils ne sont au final que l’équivalent digital du larbin tendant le journal 20 Minutes devant une station de métro, ils s’imaginent champions de leur petit monde numérique. O’Tacos bouleverse cette fable en replaçant les contenus sociaux à hauteur de ce qu’ils sont : des memes cheap pour des communautés de simplets.

Les agences de communication dépensent le budget habillement de Brigitte Macron pour se hisser péniblement à hauteur de couille d’un O’Tacos, qui est en roue libre sur la crasserie de ses publications.
 

 

 

Photo basse qualité du produit en mode raw comme un six minutes amateur sur Xhamster, le CM pousse juste du juteux et du POV, la plupart des contenus sont d’ailleurs piochés à la louche dans les photos postées sur Instagram par les clients.

On est à des années-lumière de la communication brossée d’un McDo ou d’un Quick où le sandwich est plus coquet que moi avant un date Tinder.
 

Dégringolade sociale et incompréhension face au troupeau de zozos à animer


C’est qu’il existe un véritable mésappariement culturel entre le fils de bourgeois qui a fait le Celsa en se branlant sur les livres de Beigbeder pour terminer CM et celui qui s’évertue à suivre McDo & Oasis sur Facebook après un énième échec scolaire.

 

Ce post doit être l’aboutissement de deux heures de brainstorm et de plusieurs process de validation entre l’agence et la marque.

 

O’tacos sera toujours un crachat de Jacquouille à la gueule des pédants se pensant spirituels après avoir réalisé des memes gênants pour Sprite. Je t’aime social media manager O’tacos, parce que tu montres qu’un Tacos dégueulassement spongieux parle plus aux gens que la sortie du dernier sandwich Quick aussi retouché que Macron sur sa photo officielle.

O’Tacos souligne qu’il n’y a pas besoin de faire une école de commerce pour déposer un lourd jet de crème dans le gosier du consommateur.

En consultant les statistiques des marques sur Facebook avec un logiciel comme Socialbakers, on s'aperçoit que O’Tacos est la marque qui génère le plus de likes, commentaires et partages, loin devant Coca, KFC, McDonalds, Kinder Bueno, Nutella ou Oasis (en juillet et en août 2017), le tout pour un budget dérisoire et un graphiste en stage de troisième.

Le plus risible étant que la relation client est à la hauteur des apports nutritionnels des menus (sûrement gérés par le même graphiste stagiaire).

 

 

Smecta fils si t’as la chiasse. C’est régler (sic).

Fait implacable, le très scolaire positionnement est royalement respecté : un fastfood de tacos dégoulinants touche son coeur de cible sur Facebook, des gars qui débriefent leur futsal en se bouchant les artères.

Les “pro” de “l’animation de communauté” pourront retrousser le nez, il ne s’agira au final que d’un bon vieux racisme de classe.

A quand un Ted Talk du social media manager d’O’Tacos ?

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