Pour le bien de la France, ne votons pas Jean-Luc Mélenchon : suicidons-nous

Pour le bien de la France, ne votons pas Jean-Luc Mélenchon : suicidons-nous

Croyez-le ou pas mais Fier Panda a envie de vous parler de politique. Pendant longtemps, l’ursidé ne se considérait pas légitime pour le faire, mais BFM TV a bien un service culture, alors il n’y a pas de raison. Après avoir évoqué l'ordure Manuel Valls, Hamon aka le Douste-Blazy de la gauchele papa de la pub Kinder Macron, Marine l'urinoir Le Pen et l'énigme Fillon, nous parlons aujourd'hui de Jean-Luc Mélenchon.

Bon. Meluche. Tu as essayé de nous convaincre, mais à la place, c'est le contexte qui nous force un peu la main. Car tes points forts, ce sont tes adversaires. Un robot mal fini, Satan(e), un prof de djembé, un autiste et quelques attractions du cirque Barnum. Toi, t'es là, tu dis « les gens », tu fais des hologrammes, tu dis « assemblée constituante », tu dis «  planification écologique », tu dis « relance keynesienne », tu cites des bouquins et des films sans te gourer, alors forcément, à coté des autres frappadingues, tu ressembles à une serviette hygiénique non-usagée qui flotte dans une fosse sceptique.

Mais tu viens te la raconter.
 

« Ouais Tsipras c'est une fiotte, amenez-moi tous les capitalistes, je les encastre dans le placo. »


Alors d'une, calme toi le fion tout de suite, parce que ces enfants de putains ont les moyens de leurs menaces, et de deux, est-ce que ce serait pas plus malin de ne pas dévoiler ta technique avant de tenter de les rouster ? C'est le genre de bolosserie que je n'ai jamais pigé dans les mangas, vous savez, quand les mecs font :

 

« Tu ne pourras rien contre mon genkidama puissance genkidu daisuke chin-chin, que j’enchaînerai avec un rasengan attaque red-hawk, et je conclurai avec un cyclone des trois tigres de l'école okuto-no-ken. Tu es fini, ha ha ha ha ha ! » 

 

Les gentils expliquent tout aux méchants, et les méchants trouvent le moyen de se faire rekt quoi qu'il arrive. Sauf que Dassault, Lagardère et Pinault, c'est pas Tao Pai Pai et Orochimaru. Il va te falloir un chouille plus de tact si tu veux en faire des boules de nœuds.

« La sixième république », aussi. Ben oui c'est bien, mais en attendant, t'es dans la cinquième, celle qui fait du système de pouvoir une très belle pyramide hiérarchique, et de ce que j'ai pu apercevoir de ton rapport à tes collaborateurs, t'as pas l'air très horizontal. Une fois que tu verras que beaucoup de ficelles seront attachées à tes phalanges, tu pourrais bien trouver cela plutôt agréable. Pour être franc, je te vois bien arriver à l'Élysée, vouloir tout changer, voir qu'en vrai beaucoup plus de gens que prévu en ont rien à branler, finir avec la gueule de Theoden au début des deux tours et la puissance réformatrice de Jacques Chirac. Certains voient en toi un potentiel tyran, mon intuition me fait plutôt craindre l'exact inverse.

De toute façon, à chaque fois que j'entends quelqu'un vouloir changer un système entier, je repense toujours à l'épisode 2 de la saison 3 de Malcolm, où le nouveau prof des têtes d'ampoule instaure un système de classement ultra strict des élèves qui les rend totalement maboules. Malcolm essaie dans un premier temps d'unir les chiards contre le prof, en proposant de boycotter les bonnes notes. Malheureusement il se retrouve à être le seul à suivre cette ligne de conduite jusqu'au bout, les autres cédant aux sirènes d'un bon classement. Il finit donc par taffer comme un bagnard pour pouvoir exploser la moyenne de tous les autres gosses, ce qui se finit en un feu d'artifice de névroses trop longtemps contenues. Malcolm conclue par :

 

« On ne peut pas se battre contre le système, ça n’empêche pas de pouvoir le briser. »

 

Malheureusement, Jean-Luc, tu m'as tout l'air de vouloir organiser un match de catch entre toi et le système. Celui qui aura le plus de capacités à briser l'autre dans cette situation aura peu de chances d’être un homme seul. Car malgré ce que les gogoles qui te servent de fan-base sur Internet te font ressentir, tu seras seul.

Moi, pendant ce temps-là, je viens de dépasser la trentaine et je me dis que tout est déjà trop tard pour être drafté en NBA. Moi c'était la NBA que je voulais, mais d'autres, ce sont les plateaux de C8, les podiums de mister univers, la finale de ball-trap des jeux olympiques ou la couverture du dernier Têtu. Bon, la balle orange ne veut plus de moi ? Je trouverai bien une voie de secours, qui me redirigera sur l'autoroute de la coke et des putes. C’est là que je veux en venir : la question que je veux te poser, Gianluigi Melenchioni, est : à quel point comptes-tu contracter les pectoraux face au rêve capitaliste vissé dans le cortex de tout le monde ? Ce truc est une MDMA trop puissante pour toi. Tu vas brandir quoi : la Nation ? La République ? La démocratie ? L'Internationale ? Qu'est ce que ces trucs peuvent faire contre le moindre packshot en fin de spot publicitaire ?

On s'est tous fait baiser jusqu'à l'os, Jean-Luc, la gangrène est remontée jusqu'à nos particules. En fait, si je vote pour toi, je vais me détester, parce que pour résumer, je vais juste déléguer mes rêves d'une société meilleure à d'autres pour pouvoir avoir le temps d'essayer de vivre mon rêve capitaliste. Et ça ne m'étonnerait pas que le jour où t'augmentes les impôts, je me surprenne à me dire :

 

« Eh ho je n'ai pas voté pour ça, eh !! » 


Je suis en phase terminale du cancer de l’espérance, de la cirrhose de l'amour propre et de l'hépatite de la frustration mercantile. On est foutus, Jean-Luc. J'irai peut-être voter pour toi, j’irai peut-être voter blanc, j'irai peut-être à la pêche. Je ne sais pas encore. Mais ce qui est sûr, c'est que toi et moi, Jean-Luc, tout ce qu'on mérite, c'est l'euthanasie.

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