Amérique punk, réjouis-toi !

Amérique punk, réjouis-toi !

Trump 45e président des États-Unis. C’est l’Amérique de l’establishment as usual qui a perdu et celle du populisme qui a gagné, eh ouais ! On ne vote plus POUR quelqu’un aujourd’hui, encore moins POUR un programme, mais CONTRE l’autre. Vous autres les Ricains, vous êtes de grands émotifs, alors, il y en a qui vont pleurer à chaudes larmes, pendant que les autres vont être ivres de joie :
 

« On a été entendus ! Enfin ! »
 


Ahah, OK Totor, attends l’année prochaine et on en recause… L’idiocratie en direct live.

Mais foin des larmes de crocodile, on peut aussi se réjouir. Pourquoi ? Parce que les États-Unis vont rester une république démocratique dans laquelle on pourra continuer à s’exprimer. Or la dissidence culturelle est une fleur de purin qui ne s’épanouit jamais tant que sur un bon gros tas de merde. Prenons ce pari dès maintenant : c’en est fini de tous ces groupes punk mous du ventre et des artistes qui ne dérangent plus personne. L’Amérique est à nouveau prête pour une bonne vieille vague de contre-culture à l’ancienne. La place est libre pour une nouvelle ère de Dead Kennedys, de Cramps, de Million Dead Cops et de Reagan Youth, pour des cinéastes audacieux et sincères, pour des romanciers pas jolis, pour des artistes qui ne sculptent pas des crânes en diamants. La dissidence n’est plus une valeur de gauche, ni de droite depuis longtemps. On a juste oublié d’en prendre acte et le terrain est propice : l’Amérique propre, multiculturelle, raisonnable, intelligente a vécu. C’est à présent sa sœur dégénérée, édentée, mutante et braillarde qui va prendre la parole.

Paradoxalement, c’est exactement cette Amérique qui vient de s’exprimer en votant contre la machine Clinton… Mais dès que le mur sera construit (s’il est construit), dès que le protectionnisme économique aura cessé de porter ses fruits et que les nouveaux passeports biométriques anti-tout auront été mis en place, le Donald décevra le pauvre. Le sans-dents américain ne saura même plus pourquoi il a donné sa voix à un vieux golden boy orange d’ici quelques mois ! Le champ politique sera à nouveau déserté et toute cette grosse muqueuse artificiellement gonflée par un mélange hormonal de patriotisme et d’opportunisme du complot se videra : l’Amérique aura ses framboises.

Et alors quoi ? Alors… « Tout devient possible », comme disait l’autre, mais surtout dans le domaine des arts, ce fabuleux domaine à la portée de tous, qui pousse un gros roupillon depuis bien trop longtemps. Allez, American punk ! Lâche ton costume de redneck à casquette rouge, vautre-toi dans le désespoir, fais mentir les SJW, montre que ton petit cœur palpite, et badigeonne-toi d’un noir de jais : le champ de bataille n’attend que toi.

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