Les festivaliers, ces bons gros enculés

Les festivaliers, ces bons gros enculés

Comme tous les ans, le printemps revient. Et avec lui les gazouillis des oiseaux, la verdure renaissante, la douce brise du vent mais aussi ces incontournables festivals. Ah, la joie de ces derniers. En l’espace de quatre jours l'on peut aisément voir l’équivalent d’un an de concerts tout en se désaltérant à la fraîche, tranquille, détendu du slibard. Seulement, ce bonheur se retrouve invariablement gâché par un fléau : les festivaliers.

D'abord, évoquons leurs accoutrements. Il y a trois grandes écoles :

- L'éternel jeune adulte bohème aime se revêtir d'un sarouel qu'il pense exotique et ce afin d'oublier son quotidien pénible d'apprenti professeur des écoles. Ce hippie moderne aux cheveux sales pratiquant le slackline entre deux performances de musiques ethniques s'imagine investi politiquement en collant sur le pare brise de son camion aménagé des affiches d'un parti écolo-anarchiste radical du centre-extrême de la gauche plurielle.

- L'enfant de classe moyenne en rébellion contre un système dont il ne connait rien porte une veste en cuir à patchs, des rangers ainsi qu'un treillis acheté trente euros dans un surplus militaire discount. Il est généralement accompagné d'une canette de bière tiède mais également d'une femelle dotée de cheveux bleus et autres écarteurs d'oreilles.

- L'insupportable fille à papa s'imaginant au Coachella revêt un micro short en jean légèrement déchiré, une chemise fine à motifs discrets, de grandes lunettes de soleil ainsi qu'un bandana coloré tenant ses longs cheveux lisses. C'est une version chic et pute de Woodstock. Elle ne se déplace qu'en troupeau, éternellement suivie de ses gourdasses de copines passant leur temps à snaper leurs vies de connasses.

 

"Le festivalier finit invariablement par bouffer sa propre merde après trois nuits et trois jours passés à crier des débilités dans un langage approximatif"

 

Ces trois caricatures de festivaliers n'arrivent toutefois pas à surpasser l'incroyable stupidité de quelques mongoliens ayant décidé de fusionner festival et concours de déguisement. Passons pour nous attarder sur le lieu de repos des festivaliers : le camping, cette infamie. Deux nuits suffisent pour préférer un rapport anal douloureux à toute tentative de repos près d'un ramassis de poivrots SEGPA. Ces paysans de rugbymen semblent infiniment exquis en comparaison. Number one de la débilité, le festivalier finit invariablement par bouffer sa propre merde après trois nuits et trois jours passés à crier des débilités dans un langage approximatif. "BREUGLARRR A POILLLLL", assorti du traditionnel "GORRROOOUUY CACA DANS TON URETRE !!!!"  si vous fréquentez le Hellfest, semblent d'ailleurs remplacer le bien trop traditionnel "bonjour". Ce qui conduit à aborder l'autre sujet de désaccord : l'hygiène.

Depuis quelques années, nombreux ont été les efforts en la matière. Que ce soit en termes de coins pipi ou de douches, l'on peut aisément sentir autre chose que le balai à chiotte. Mais pensez-vous, c’est donner de la confiture aux couillons. Au bout d’une journée de festival, la plupart des barrières sont rebaptisées "urinoir à l’air libre". Une belle mentalité de salopes. Sans compter que ces gentils gorets oublient de passer par la case toilette du matin au réveil. Pourtant, c’est pas faute d’avoir des douches à dispo hein, mais non, les douches c’est pour les pédés, autant s'en servir pour poser une pèche bien molle. 

Le festivalier est le cancer timide du bon goût. Il n'apparaît qu'au crépuscule, lentement, puis finit par se généraliser la nuit. Lui et ses potes se muent en une véritable cohorte d’ivrognes assoiffés de beauferie, vous bousculant, vous balançant son godet de bière en l’air et finissant par s'endormir lourdement dans les coins à pisse, comme le bon gros enculé qu'il est.

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