Grèce : la démocratie pour les nuls

Grèce : la démocratie pour les nuls
AUTEUR

cherot-qui

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Des fois que vous ne vous en soyez pas rendu compte, il s’est quand même passé quelque chose d’assez marrant en Grèce. Si j’ai bien compris, le nouveau chef des sodomites sous-développés a décidé de serrer les fesses et veut appliquer un plan anti-hémorroïdes parce que ses sphincters seraient trop dilatés. Une source proche du dossier nous a confié qu’il aurait déclaré lors d’une réunion : « la sodomie ok, mais je veux que vous puissiez toucher les bords». En plus de cela, j’ai cru comprendre qu’il refuse de continuer à négocier le remboursement de son prêt CETELEM.

Rassurez-vous, on ne va pas faire comme tous les gauchistes et vous rabattre les oreilles de la soi-disant légitimité de l’attitude des responsables de Syriza, ça a déjà été fait par ces bolchéviks là, ceux-là, sans parler de ceux-là. Vous avez peut être du temps à perdre, mais on ne vas pas passer mille ans à vérifier si c’est vrai ou pas que la Troïka demande à la Grèce de devenir un pays du tiers monde pour les 40 prochaines années.

"Lien de cause à effets entre la dette publique d’un pays et la quantité de sa production d’huile d’olive"

Pour ou contre, tout le monde y va de son petit chiffre et de sa petite évidence. On ne manquera quand même pas de souligner le silence médiatique assourdissant sur le lien de cause à effets entre la dette publique d’un pays, et la quantité de sa production d’huile d’olive. Comme le montre ce graphique issu d’un des plus prestigieux instituts statistiques européens, les pays les plus endettés d’Europe sont ceux qui produisent le plus d’huile d’olive. Coïncidence ? Peut-être qu’en mangeant un peu plus de beurre, ça irait mieux ? Les banques sont-elles vraiment les méchantes ?

Soyons clairs : Ces cons de grecs ont peut-être raison, mais on les enculera quand même, qu’ils le veuillent ou non. Le seul choix qu’on leur laissera, c’est la sauce, et à la limite ils pourront se prononcer sur salade/tomate/oignons. Oui, on va les grecquer. Pas parce que l’on est méchant ou parce que l’on est content de les voir souffrir, mais pour la simple  et bonne raison qu’ils sont irresponsables, et que « l’Europe n’est pas une nurserie ».

Par exemple, nous, français, en 2005, nous avions en majorité voté contre le référendum sur le traité établissant une constitution sur l’Europe. Et ce, malgré les mois de propagande médiatique pour le « Oui ». De nature méfiante, on s’était dit que si on se donnait tant de peine pour nous vendre ce produit, c’est que ça devait être une belle merde. Vu le résultat du referundum du 5 juin, nous ne sommes pas trop différents des Grecs, par principe... 2 ans plus tard, Sarkozy, fraîchement élu, bafouait le résultat du scrutin le plus sacré de notre constitution (le référendum) en proposant et faisant ratifier à la place le traité de Lisbonne (en gros, la même chose), par les parlementaires français puis les chefs d’états européens. Nous français, avions eu un peu de mal à avaler la couleuvre. Avons-nous eu pour autant une attitude irresponsable ? Non, on s’est contenté d’une ou deux petites manifs, puis on a souscrit chacun de notre côté à une assurance vie performante à la BNP ou à la Société Générale. On a arrêté 2 minutes nos enfantillages, et on s’est comportés en adultes. Ensuite, on a allumé la télé, ouvert nos journaux, et on a appris avec soulagement que nous étions pardonnés pour notre égarement de 2005 dans les urnes. Notre petite crise n’a ainsi pas eu de conséquences, nos représentants nous ont clairement protégés de nous- mêmes. Voilà l’exemple d’une démocratie qui marche. Merci Nicolas (Reviens stp <3 ).

"Que se passerait-il si tous les gouvernements faisaient prévaloir les intérêts de leur population avant ceux des institutions européennes ?"

Ce que propose le gouvernement Grec, c’est tout autre chose, malheureusement. Leur problème, à ces SEGPA de la politique, c’est qu’ils s’imaginent encore que la souveraineté populaire prévaut sur les règles de gestion des finances publiques, instaurées arbitrairement par l’Union Européenne à tous les pays membres de la zone euro. On pourrait tout simplement rire de leur naïveté, mais le problème, c’est que l’idée de tenir tête aux institutions financières pour contenter ces idiots de la plèbe qui ne comprennent rien, elle risque de se propager. Que se passerait-il, en Europe, si tous les gouvernements élus faisaient prévaloir les intérêts de leur population avant ceux des institutions européennes non élues ? Rassurez-vous, je force ici le trait avec ce genre de questions rhétoriques, il n’est pas question de sombrer dans un populisme bolchevik comme Frédéric Lordon, qui s’est mis à plagier Fier Panda en publiant un papier plein de gros mots (mais sans mettre de GIF de nichons), mais bien de vous faire comprendre la logique de raisonnement de ces cerveaux malades.

Reste le problème majeur : Syriza fait passer l’Union Européenne pour une institution politique libérale, voire ultra-libérale, qui de par ses statuts et traités, aurait une incompatibilité avec toute politique de gauche. Et nous savons que c’est faux ! Bon d’accord, les 3 représentants de la Troïka sont une ancienne ministre de l’économie de Sarkozy, l’ancien premier ministre du Luxembourg, et un ancien de Goldman & Sachs, mais quoi ? Quand on devient néolibéral un jour, on rend sa carte de bibliothèque, on repasse le code, on n’a plus le droit d’être de gauche ??? C’est vrai qu’objectivement, ils ont l’air de trouver moins dangereux de favoriser l’influence d’Aube Dorée, parti grec d’extrême droite ouvertement néo-nazi, et qui détient déjà 17 sièges de députés au parlement, que de continuer à négocier avec un gouvernement présenté en premier lieu comme d’extrême gauche, puis comme de gauche radicale, puis finalement vaguement socio-démocrate. Il n’y a pas besoin d’être Einstein pour comprendre qu’étant donné la situation économique du pays, les électeurs grecs ne sont pas partis pour voter dans la demi-mesure au cours des années à venir. Si la gauche radicale ne leur obtient pas d’améliorations sur les conditions d’hygiène et de sécurité des saillies qu’ils doivent subir régulièrement, ils vont naturellement se tourner vers l’extrême droite. Ceci dit, bien leur en prendrait. Jean-Claude Junker, président de la commission Européenne, a l’air d’avoir moins de souci à s’accommoder d’un Viktor Orban, chef de gouvernement de droite radicale hongroise en coalition gouvernementale avec des partis ouvertement d’extrême droite anti-roms et antisémites (et qui a mis en place en plein coeur de l’Europe des lois presqu’aussi liberticides que la loi renseignement de Valls & Cazeneuve), qu’avec un parti de petits gauchistes progressistes. Malheureusement, on va toujours trouver des branleurs incapables d’autre chose que de nous embrouiller, comme Thomas Piketty, qui nous somme de se préoccuper de l’avenir politique de la Grèce si jamais on osait se permettre de prendre la seule décision qui s’impose : Foutre ces bouffeurs de feta dehors à grand coups de pompe dans le cul.

Le seul mérite qu’on puisse donner à ce Clown de Tsipras, c’est d’avoir compris (un peu tard certes) qu’on ne négocierait pas avec lui au conseil Européen. Ah, Les bleus ! Ils n’avaient pas réalisé que les réunions de l’Eurogroupe ou les sommets européens, c’était juste un prétexte pour se retrouver à Bruxelles, profiter du buffet, et parler cul entre le fromage et le dessert ! Ça fait pourtant 5 ans que ça se passait de la même manière. Les représentants Grecs, Portugais, Espagnols, et Italiens n’avaient pas le droit à une place assise et devaient s’assoir par terre avec leur assiette en carton. A la fin, le père Junker ou Dijsselbloem paie la tournée du patron, le ministre français des finances chante une chanson paillarde (c’est la tradition) et les grecs, les espagnols, les portugais, et les irlandais signaient ce qu’on leur disait de signer vers le moment où on apportait la 5ème bouteille de digeo. L’autre tradition étant de se prendre en selfie pendant la signature, alors que les convives les plus bourrés baissaient leur pantalon pour montrer leur cul aux Grecs en s’esclaffant comme des veaux. Inutile de dire qu’à part les représentants grecs, personne ne lisait jamais les accords qui doivent être signés, et que lors des discussions, les négociateurs sont un peu trop beurrés pour appliquer les concepts de « dialogue » ou de « raisonnement hypothético-déductif ».

"La Grèce ne restera dans l’Euro qu’à condition de passer sous la table"

En bref, la Grèce ne restera dans l’Euro qu’à condition de passer sous la table, et si elle s’avise de claquer la porte, ses partenaires l’étrangleront. Alors Tsipras a eu l’idée de consulter son peuple par référendum, chapeau l’artiste, mais s’il était honnête, il leur aurait posé la question comme suit : « On nous tient sérieusement par les couilles là: voulez-vous crever debout ou vivre à genoux ? » Plusieurs historiens de renom, spécialistes de l’antiquité, nous avaient avertis de l’incertitude du résultat de ce scrutin :

« Vous savez, la civilisation grecque est la première où il était socialement toléré que des hommes s’adonnent entre eux et publiquement à des rituels sexuels masochistes. Il n’était pas rare, dans la Grèce antique, de voir des notables habillés de combinaisons de latex aux abords du Parthénon, suppliant leurs esclaves de les bifler et de les insulter en Allemand (...) Les Grecs sont très attachés à leur histoire et leurs traditions : si certaines personnes influentes leur affirmaient qu’il faut sucer des chibres de teutons et de latins en attendant que l’orage passe, ils pourraient bien être une majorité à se laisser convaincre...»

Bien qu’ils aient voté « NON », il n’est pas encore dit que quelques jours d’asphyxie financière ne les fassent pas changer d’avis. Et ce serait sans doute pour le mieux, du moins c’est ce que m’a dit mon conseiller placement.

Toujours-est-il que si un petit pays misérable comme la Grèce a réussi à faire trembler tout le monde, juste en posant des questions du style : « Pourquoi on devrait dire oui à toutes vos exigences, y compris celles qui sont surréalistes?», ou encore « Tu trouves ça drôle, Michel Sapin, de pisser dans mon verre de jus de pomme quand je me lève pour me resservir du Coleslaw ? » Quelle que soit l’issue de cette crise, par effet domino, les populaces des différentes nations européennes censées avoir des gouvernements de gauche vont peut-être se dire que leurs gouvernements élus ne sont pas forcément crédibles, parce que sinon ils auraient eu d’avantage de prises de bec avec Junker, ou Von Rompuy, ainsi que leurs petits potes... Et du coup, ça fait un peu passer ces dirigeants pour des pleutres auprès des idiots qui écoutent de plus en plus nombreux les sirènes de dangereux populistes. Certains « penseurs » _dont je tairai le nom car je ne serais pas surpris que l’on apprenne qu’ils détiennent chez eux des abat-jours fabriqués en Pologne dans les années 40_ arguent même que c’est la raison principale pour laquelle la plupart des sociaux-démocrates européens sont parmi les plus violents dans leurs commentaires à propos du gouvernement grec. Tant qu’on y est, ne pourrait-on pas aussi se dire que tous les partis sociaux-démocrates ou socialistes d’Europe qui ont fait campagne pour le « OUI » au référendum européen de 2005 se sont bien foutus de notre gueule, puisqu’ils ont demandé à leurs électeurs d’entériner un traité qui les empêcherait de mener toute action politique d’envergure à l’avenir ? Soyons sérieux ! Constatez par vous-même le ridicule de ces raisonnements !

Ne cédons pas à la panique : pour ce qui est de la contagion, il n’y a pas d’affolement à avoir, c’est du moins ce que mon banquier m’a dit lorsque je lui ai demandé ce qu’il en était concernant la performance de mon contrat d’assurance vie. Les portugais, depuis le séisme de Lisbonne en 1755, sont persuadés que tout ce qui leur arrive de mal est de leur faute, ils transmettent donc tous les mois une lettre d’excuses signée au nom du peuple à la commission européenne. Jusqu’à présent les excuses ont été acceptées, tout va bien. Certains espagnols sont un petit peu plus bornés. Après leur mouvement plaza del Sol (qui n’a eu pour conséquences réelles que les ruptures de stock des tentes Quechua au Decathlon Madrid et des livres de Stéphane Vaisselle à la Fnac locale), on a constaté lors des dernières municipales une poussée du mouvement Podemos, qui est le pendant espagnol des grecs de Syriza. Restons calmes, cette poussée ne s’est constatée quasiment qu’en milieu urbain, dans les grandes agglomérations, nous pouvons compter sur l’Espagne rurale nostalgique du franquisme et sur la toute nouvelle loi d’interdiction de manifester pour leur remettre les idées en place (en plus les tentes quetchua sont facilement inflammables).

"Les Français sont bien assez occupés à essayer de trouver un taxi aimable et pas cher"

Certains Italiens, eux, commencent à se mettre en tête, à cause de la crise grecque, que Matteo Renzi, leur nouveau premier ministre présenté comme un héros dans la presse européenne, ne serait pas si courageux qu’on le croit, puisque le courage politique reviendrait à tenir la ligne directrice de son programme vis-à-vis de ses électeurs dans un premier temps, et faire ce que l’on peut vis-à-vis des institutions européennes pour les contenter dans un second temps (et non pas l’inverse). Ceci dit, les clubs de foot de Serie A reviennent en force pour la saison 2015/2016. On peut s’attendre à des italiens plutôt timorés en termes de contestation sociale dans l’année à venir. Quant aux Français, ils sont bien assez occupés comme ça à essayer de trouver un taxi aimable et pas cher pour se soucier de broutilles telles que la protection de leur système social ou la mise à sac de leur code du travail. Et puis si jamais ils se réveillent un jour, lorsque leur retraite sera de 500€ par mois, ils comprendront bien vite que la loi renseignement et la loi Macron sont déjà passées sans problème et qu’il est un peu tard pour descendre dans la rue.

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