Étonnant : le médiocre duo comique Éric et Quentin réalise un film merdique

Étonnant : le médiocre duo comique Éric et Quentin réalise un film merdique
AUTEUR

Gâche-Noël

PUBLIÉ

Le

Jamais un film n’avait aussi bien porté son nom. Bad Buzz, d’Éric et Quentin, le duo comique COTOREP de TMC, a réussi l’incroyable exploit de s’imposer comme l’un des pires ratages de l’année. Fête du cinéma. Canicule apocalyptique. Marketing à la truelle. Rien n’y a fait : 49 000 entrées en deux semaines d’exploitation. Et, si c’était ça la meilleure vanne du film ?
 

Bad Buzz, c’est quoi ?


Bad Buzz raconte l’histoire de deux animateurs jeunesse (Terrance et Philippe pour les enfants gogoles - littéralement) qui, suite à une soirée trop arrosée, sont accusés de zoophilie et de propagande nazie (au vu de leur situation, ça aurait été plus drôle de provoquer un quiproquo pédophile, mais bon). Leur productrice, une blondasse vicieuse, leur donne 48h pour redorer leur image, faute de quoi ils seront licenciés (elle aurait mieux fait de les virer immédiatement par SMS, on aurait évité deux heures de supplice mental).

 


Sans surprise, Bad Buzz est un risotto de vannes beaufesques et de bien-pensance. Pendant 77 longues minutes, Éric et Quentin recyclent les vannes minables de leurs sketchs éculés dans un jeu d’acteur digne d’un malade en phase terminale de sclérose en plaque. Dans un délire masochiste des plus gênants, les Laurel et Hardy discount de la TNT s’infligent les pires séances d’humiliation : ils se font pisser dessus, subissent un toucher rectal et, comble de la créativité, se font attaquer par un chat enragé. On a l’impression de voir deux adolescents attardés se jeter leurs propres excréments au visage dans des séquences tellement horribles qu’on aurait pu les utiliser pour torturer les prisonniers de Guantanamo.

Evidemment, la photo est immonde, le scénario d’une vacuité abyssale et le montage ressemble à un accident de la route. Mais, là où c’est presque pire, c’est que Bad Buzz a la prétention de nous faire réfléchir sur la condition des trisomiques et des migrants. Au final, c’est comme si un pétomane professionnel décidait de nous sensibiliser au réchauffement climatique au beau milieu d’une sérénade de flatulences.
 

Que pouvions-nous attendre d’autre d’une histoire écrite par Éric et Quentin ?


Rappelons que ces jeunes vieux en pull marron débutent leurs aventures télévisuelles comme auteurs pour le SAV d’Omar et Fred, une expérience notable qui permet d’expliquer pourquoi le scénario de leur film tient sur un test de grossesse. En 2009, ils rejoignent le Petit Journal, l’imposture journalistique aussi subversive qu'une intervention de Cali - ce rasta blanc pour ménagère. Pour répondre à des contraintes d’organisation dans la création de leurs sketchs, ils décident de les jouer eux-mêmes. C’était vraiment une bonne idée. Merci encore…

Personnellement, j’ai toujours vu Éric et Quentin comme les comptables rigolards de la bande à Barthès. Il fallait deux gugusses pour s’humilier dans des imitations qui dénoncent. Pas de talent. Pas de physique. Pas de problème. Ils ont signé sans réfléchir. On les comprend. Passer à la TV augmente drastiquement vos chances de pénétrer des filles, et quand on a un corps de traître, tout est bon à prendre.

Mais revenons au sujet : pourquoi donc cet acharnement médiatique sur l’enfant raté de deux bouffons syphilitiques ? De surprise il n'y a pas. Bad Buzz est la continuité d'une carrière médiocre. Éric et Quentin conduisent un corbillard depuis leurs premiers pas sur les planches. Voyons plutôt la sortie en salle de cet étron comme un fait positif car, en fin de compte, Éric Metzger et Quentin Margot ont aujourd’hui cumulé suffisamment d’heures sur leurs comptes personnels de formation pour réussir une belle reconversion professionnelle. Nul doute qu’avec leurs vannes de collégiens en échec scolaire ils finiraient par être les rois de la cantine et de la pause cigarette. Ils pourraient même réussir à serrer une ou deux stagios en fleur.

Comptables, ils sont. Comptables, il faut qu’ils deviennent. Avec de l’huile de coude, ils peuvent terminer leur carrière comme contrôleurs de gestion. C’est un bon poste et c’est surtout mieux que de se faire humilier tous les soirs à la télévision.

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