« Ont-ils crié Allahu akbar ? » BFM, iTélé, LCI, ces sacs à merde

« Ont-ils crié Allahu akbar ? » BFM, iTélé, LCI, ces sacs à merde

Je ne regarde plus la télé depuis que j’ai assisté sur NRJ12 à la starification de singes lançant leur caca. Je bloque aussi mes contacts Facebook likant et se taguant mutuellement sur un post mongoloïde avec plus de watermarks que la ganache de Swagg man. Cela ne m'empêche malheureusement pas d'être régulièrement projeté dans une version bien moins drôle d’Idiocracy lorsque je commande mon panini california infâme et peu cher du midi. Les chaînes d’info en continu tournent dans le fond et je suis bien malgré moi plus aimanté par le discours vide des présentateurs que par les odeurs de fromage premier prix.

Le problème n’est pas tellement que ces chaînes soient soumises au diktat du traitement dans l’urgence ou qu’elles essayent volontairement de faire lever le nez à une audience cherchant frénétiquement le dernier Voltorbe. S’il n’y avait que la transposition télévisuelle de l’idéologie buzzfeedienne, je m'en contenterais.

Je ne regarde pas la TV, mais la télévision n’est plus à elle seule la télévision. Les médias mainstream et leur version digitale, les trending topics Twitter et leurs exégètes sont les nouveaux téléviseurs. Beaucoup plus insidieux, le petit écran est aujourd'hui protéiforme, réticulaire et diffuse le temps du fait divers un film choral se reproduisant à l’infini.

 

 

"La seule constante de tout ce bordel est le traitement de l'Islam et des musulmans ainsi que tous leurs dérivés verbaux formant le champ lexical de la peur"

 

iTélé, BFM et LCI donnent désormais le la à toute la sphère politico-médiatique et leurs fanboys dégénérés vociférant avec leur bouche tordue simiesque des « Réveillez-vous ! » Tout ce boucan produit une sorte d’écriture automatique du sheitan, comme si le surréalisme avait eu un père porté sur la boisson et la torgnole. C'est encore plus visible aux lendemains d'attentats où la seule constante de tout ce bordel devient le traitement de l'islam et des musulmans ainsi que leurs dérivés verbaux formant le champ lexical de la peur. Nous avons franchi depuis longtemps l’étape du « musulman modéré », on ne demande plus ignoblement aux Français de confession musulmane de se dissocier des énergumènes terroristes qui commettent des atrocités. Peu importe que ces fous aient des identités multiples, soient tour à tour père, bisexuel/hétéro/homo, chômeur, travailleur, mais soient surtout peu ou pas pratiquants. Peu importe de diffuser des images insoutenables. Raccourcis, sensationnalisme, inégalité de traitement sont les maîtres mots.

Toutes les crapules glissent un petit "pasdamalgam" à destination de leurs collègues comme on dépose un maigre filet de salive au bout d’un doigt pour mieux le caler à sa poule d’un soir. Elles s'empressent ensuite de tenir des discours martiaux avec des physiques de dispensés de sport.

À la fin de la journée BFM, iTélé, LCI (mais aussi France 2) et tous leurs confrères malades qualifieront de terroriste un meurtrier s’approchant plus ou moins des clichés sensationnalistes du musulman. À la fin de la journée BFM, iTélé, LCI et tous leurs confrères contribuent à attiser et personnifier la haine.

Chères BFM, iTélé, LCI et consorts, ne concentrez pas l'entièreté de vos efforts à l'information rapide ou au divertissement puis, surtout, ne transformez pas une atrocité en un événement permanent. Ne misez pas sur la prétendue connerie abyssale de votre audimat. Concentrez-vous davantage sur l'éducation et l'explication. À la suite d'une attaque terroriste arrêtez de demander aux témoins « est-ce que les auteurs ont crié Allahu akbar ? » ou aux voisins « les terroristes ont-ils fait le ramadan ? » Posez plutôt les bonnes questions aux bonnes personnes : « pourquoi ont-ils fait cela ? » ou « pourquoi ont-ils crié Allahu akbar ? », le tout en balayant une par une toutes les réponses simplistes à l'éternel « comment éviter cela ? » 

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